Saint Cyrille de Jérusalem (313 - 350), Docteur de l’Eglise.

 

 

 

 

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« Son nom est Roi des rois et Seigneur des seigneurs » (Ap 19,16)

 

« Si quelqu'un veut honorer Dieu, qu'il se prosterne devant son Fils. Sans cela, le Père n'accepte pas d'être adoré. Du haut du ciel, le Père a fait entendre ces paroles : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis ma complaisance » (Mt 3,17). Le Père s'est complu dans le Fils … qui est appelé « Seigneur » (Lc 2,11), non pas abusivement comme les seigneurs humains, mais bien parce que la seigneurie lui appartient naturellement de toute éternité…

 

      Tout en demeurant lui-même et en gardant vraiment la gloire immuable de son état de Fils, il s'ajuste néanmoins à nos faiblesses, comme un très habile médecin et un maître compatissant. Il a fait cela alors qu'il était réellement Seigneur, alors que son pouvoir n'était pas dû à un avancement, mais que la gloire de la seigneurie était à lui par nature. Il n'était pas seigneur à notre manière, mais qu'il était Seigneur en toute vérité, exerçant la seigneurie avec le consentement du Père sur ses propres créatures. Nous autres, en effet, nous avons maîtrise sur des hommes qui sont nos égaux en dignité comme en souffrance, souvent même sur des aînés. En notre Seigneur Jésus Christ, au contraire, la seigneurie n'est pas de cette sorte : il est d'abord Créateur, ensuite Seigneur. Il a tout créé selon la volonté du Père, ensuite il exerce sa seigneurie sur ce qui n'existe que par lui. »

 

Saint Cyrille de Jérusalem (313 - 350), évêque de Jérusalem et docteur de l'Eglise
Catéchèse baptismale 10, 2,4,5 : PG 33, 662.663-667 (trad. Bouvet/Orval)

 

 

« Moi, je suis le pain de vie »

   

 « Lorsque le Christ dit lui-même au sujet du pain : « Ceci est mon corps », qui pourrait hésiter ? Et quand il affirme: « Ceci est mon sang », qui pourrait douter ? Jadis à Cana de Galilée, Jésus a transformé l'eau en vin -- le vin frère du sang. Qui maintenant refuserait de croire quand il transforme le vin en sang ? Invité à un mariage d'ici-bas, il a opéré ce miracle étonnant ; à plus forte raison, comment refuser de reconnaître qu'il accorde aux « compagnons de l'époux » (Mt 9,15) la joie de son Corps et de son Sang ?

 

      Car son corps t'est donné sous l'apparence du pain et son sang sous l'apparence du vin afin qu'ayant participé au corps et au sang du Christ, tu sois avec lui un même corps et un même sang. Ainsi devenons-nous des « porte-Christ » [Christophe]. Son corps et son sang se répandant dans nos membres ; voilà comment nous devenons participants de la nature divine. Jadis, s'entretenant avec les juifs, le Christ disait : « Si vous ne mangez pas ma chair et ne buvez pas mon sang, vous n'aurez pas la vie en vous » (Jn 6,54). Si le pain et le vin te semblent purement naturels, ne t'y arrête pas... Si tes sens te fourvoient, que la foi te rassure.

 

      Quand donc tu t'approches pour le recevoir, ne t'avance pas sans respect, en étendant les paumes des mains, les doigts écartés. Mais puisque sur ta main droite va reposer le Roi, fais-lui un trône de ta main gauche, et dans le creux de ta main reçois le Corps du Christ et réponds : Amen ! »

Saint Cyrille de Jérusalem (313-350), évêque de Jérusalem, docteur de l'Église
Catéchèses baptismales, 22 (trad. Eds du Soleil Levant 1962, p. 471)

 

 

« Heureux vos yeux parce qu’ils voient, et vos oreilles parce qu’elles entendent »

 

« Un arbre arraché, coupé même sur le pied, puis replanté -- le saule, par exemple -- repousse et refleurit ; et un homme arraché de dessus le sol ne revivra pas ? Les semences moissonnées reposent, dorment dans les greniers et revivent au printemps ; et l'homme moissonné, jeté dans les greniers de la mort, ne revivra pas ? Un bourgeon de vigne, une branche coupée et transplantée, se ravivent et portent des fruits ; et l'homme pour qui tout a été créé, une fois tombé ne pourra pas se relever ?

 

      Contemplez aussi ce qui se passe autour de vous. Méditez sur le tableau de ce vaste univers. Je sème du blé ou toute autre graine; il tombe, il pourrit et ne peut plus servir à la nourriture de l'homme. Mais de sa pourriture il renaît, il s'élève, il se multiplie. Je n'ai semé qu’un seul grain et j'en recueille vingt, trente et plus. Or pour qui a-t-il été créé ? N'est-ce pas pour notre usage ? Ce n'est pas pour elles-mêmes que toutes ces semences sont sorties du néant. Donc ce qui a été créé pour nous meurt et renaît, et nous, pour qui ce prodige s'opère tous les jours, nous serions exclus de ce bienfait ? Comment croire qu’il n'y aurait pas de résurrection pour nous ? »

 

Saint Cyrille de Jérusalem (313-350), évêque de Jérusalem, docteur de l'Église
Catéchèse baptismale 18,6 ; PG 38, 1021

 

 

Délivrés des liens du péché par la croix du Christ

 

« Saint Paul a dit : « Que je ne me glorifie jamais, sinon dans la croix du Christ » (Ga 6,14). C’était déjà une chose étonnante que l'aveugle de naissance retrouve la vue à Siloé ; mais qu'est-ce que cela faisait à tous les aveugles du monde ? C’était quelque chose de grand et qui dépassait la nature, que la résurrection de Lazare, mort depuis quatre jours ; mais cette grâce ne profitait qu'à lui seul, elle n'apportait rien à tous ceux qui, dans le monde, étaient morts du fait de leurs péchés. C'était étonnant de faire jaillir de la nourriture pour nourrir cinq mille hommes avec cinq pains ; mais cela n'était rien pour ceux qui, dans tout l'univers, souffraient de la faim de l'ignorance. C'était étonnant de délivrer une femme enchaînée par Satan depuis dix-huit ans ; mais qu'est-ce que cela par rapport à nous tous qui sommes ligotés par les chaînes de nos péchés ?

 

      Or, la victoire de la croix a conduit à la lumière tous ceux que l'ignorance rendait aveugles, elle a délié tous ceux que le péché rendait captifs, et elle a racheté toute l'humanité. Ne sois pas surpris que le monde entier ait été racheté. Celui qui est mort pour cela n’était pas seulement un homme, mais le Fils unique de Dieu. La faute d’Adam a apporté la mort au monde entier ; si la chute d’un seul a fait régner la mort sur tous, à plus forte raison, la justice d’un seul ne fera-t-elle pas régner la vie ? (Rm 5,17) Si jadis, par l’arbre dont ils ont mangé le fruit, nos premiers parents ont été rejetés du paradis, est-ce que maintenant, par l’arbre de la croix de Jésus, les croyants n’entreront pas beaucoup plus facilement dans le paradis ? Si le premier être modelé de terre a apporté la mort pour tous, est-ce que celui qui l’a modelé de la terre ne leur apportera pas la vie éternelle, puisqu’il est lui-même la vie ? (Jn 14,6) »

 

Saint Cyrille de Jérusalem (313-350), évêque de Jérusalem, docteur de l'Église
Catéchèse baptismale, n°13 (trad. bréviaire / Bouvet, Soleil levant 1961, p 259)

 

 

« Pourquoi donc n'avez-vous pas cru à sa parole ? »

 

« Les prophètes ont été envoyés avec Moïse pour guérir Israël ; mais ils soignaient dans les larmes, n'arrivant pas à dominer le mal, comme l'un d'eux l'a dit : « Malheur à moi ! Les hommes fidèles ont disparu de la terre » (Mi 7,2)... Grande était la blessure de l'humanité ; des pieds à la tête, pas une place saine, pas d'endroit où mettre bande, ni huile, ni pansement (Is 1,6). Les prophètes épuisés par les larmes disaient : « Qui donnera de Sion le remède sauveur ? » (Ps 13,7)... Et un autre prophète supplie en ces termes : « Seigneur, abaisse les cieux et descends » (Ps 143,5). Les blessures de l'humanité dépassent nos remèdes. Ils ont mis à mort les prophètes et ruiné tes autels (1R 19,10). Notre misère ne peut pas être guérie par nous ; c'est toi qu'il nous faut pour nous relever.

 

      Le Seigneur a exaucé la prière des prophètes. Le Père n'a pas méprisé notre race meurtrie ; il a envoyé du ciel son propre Fils comme médecin. « Il vient le Seigneur que vous cherchez, et il va venir soudain » dit un prophète. Où ? « Dans son Temple » (Ma 3,1), là où vous avez lapidé son prophète (2Ch 24,21)... Dieu lui-même a dit encore : « Voici que je viens et j'habiterai au milieu de toi, et des peuples nombreux se réfugieront auprès du Seigneur » (Ps 17,10)... Maintenant je viens rassembler tous les peuples de toutes les langues, car « il est venu chez lui et les siens ne l'ont pas reçu » (Jn 1,11).

 

      Tu viens ; et que donnes-tu aux nations ? « Je viens rassembler tous les peuples et je vais mettre chez eux un signe » (Is 66,19). En effet, à la suite de mon combat sur la croix, je donne à chacun de mes soldats de porter sur le front le sceau royal (Ap 7,4). Un autre prophète a dit : « Il a incliné les cieux et il est descendu, avec une nuée sous ses pieds » (Ps 17,10). Mais sa descente des cieux est demeurée inconnue des hommes. »

 

Saint Cyrille de Jérusalem (313-350), évêque de Jérusalem et docteur de l'Eglise
Catéchèse baptismale 12, 6-8 (trad. Bouvet, Soleil levant 1962, p. 233 rev)

 

 

 

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