Jean-Paul II : Encyclique « Laborem Exercens »  sur  le travail humain. (1981)

 

 

 

 

« Si l'Eglise considère comme son devoir de se prononcer au sujet du travail du point de vue de sa valeur

humaine et de l'ordre moral dont il fait partie, si elle reconnaît en cela l'une des tâches importantes que

comporte son service de l'ensemble du message évangélique, elle voit en même temps qu'elle a le devoir

particulier de former une spiritualité du travail susceptible d'aider tous les hommes à s'avancer grâce à lui

vers Dieu, Créateur et Rédempteur, à participer à son plan de salut sur l'homme et le monde, et à

approfondir dans leur vie l'amitié avec le Christ, en participant par la foi de manière vivante à sa triple

mission de prêtre, de prophète et de roi, comme l'enseigne en des expressions admirables le Concile Vatican II. »

 

Encyclique “Laborem Exercens” , Jean-Paul , 1981, n. 24

 

 

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Présentation

 

Sur le travail humain à l'occasion du 90e anniversaire de l'encyclique Rerum Novarum. Dans ce texte Jean-Paul II nous livre une réflexion très poussée sur le sens du travail humain, la place incontournable de l’homme qui doit être au centre de toute l’organisation économique. De nombreux thèmes sont traités : les salaires, les syndicats, la justice sociale, etc… Il s’agit là de la première encyclique sociale de Jean-Paul II.

 

 

Quelques enseignements de « Laborem Exercens »

 

·         L’homme, sujet principal du travail

·         Le travail : un bien de l’homme

·         Priorité du travail par rapport au capital

·         Pas déshumanisation du travailleur

·         Le juste salaire : critère de justice

·         Les syndicats : porte-parole des travailleurs

·         Travail et personne handicapée

·         Le travailleur immigré

·         Le travail participe à l’œuvre de Dieu

 

 

PLAN

 

I. INTRODUCTION

1. Le travail humain quatre-vingt-dix ans après "Rerum Novarum"

2. Dans le développement organique de l'action et de l'inseignement social de l'Eglise

3. Le problème du travail, clé de la question sociale

 

II. LE TRAVAIL ET L'HOMME

4. Au Livre de la Genèse

5. Le travail au sens objectif: la technique

6. Le travail au sens subjectif: l'homme, sujet du travail

7. Une menace contre la véritable hiérarchie des valeurs

8. Solidarité des travailleurs

9. Travail et dignité de la personne

10. Travail et société: famille, nation

 

III. LE CONFLIT ENTRE LE TRAVAIL ET LE CAPITAL DANS LA PHASE ACTUELLE DE L'HISTOIRE

11. Dimension de ce conflit

12. Priorité du travail

13. "Economisme" et matérialisme

14. Travail et propriété

15. Argument personnaliste

 

IV. DROITS DES TRAVAILLEURS

16. Dans le vaste contexte des droits de l'homme

17. Employeur: "indirect" et "direct"

18. Le problème de l'emploi

19. Salaire et autres prestations sociales

20. L'importance des syndicats

21. Dignité du travail agricole

22. La personne handicapée et le travail

23. Le travail et le problème de l'émigration

 

V. ELÉMENTS POUR UNE SPIRITUALITÉ DU TRAVAIL

24. Rôle particulier de l'Eglise

25. Le travail comme participation à l'oeuvre du Créateur

26. Le Christ, l'homme du travail

27. Le travail humain à la lumière de la croix et de la résurrection du Christ

 

 

 

Quelques extraits de « Laborem Exercens »

 

L’homme, sujet principal du travail

 

« Il n'y a en effet aucun doute que le travail humain a une valeur éthique qui, sans moyen terme, reste directement liée au fait que celui qui l'exécute est une personne, un sujet conscient et libre, c'est-à-dire un sujet qui décide de lui-même.(…) Cette vérité, qui constitue en un certain sens le noyau central et permanent de la doctrine chrétienne sur le travail humain, a eu et continue d'avoir une signification fondamentale pour la formulation des importants problèmes sociaux au cours d'époques entières. (…) En supposant que différents travaux accomplis par les hommes puissent avoir une plus ou moins grande valeur objective, nous cherchons (…) à mettre en évidence le fait que chacun d'eux doit être estimé surtout à la mesure de la dignité du sujet même du travail, c'est-à-dire de la personne, de l'homme qui l'exécute. » LE 6

 

Le travail : un bien de l’homme

 

« Le travail est un bien de l'homme _ il est un bien de son humanité _ car, par le travail, non seulement l'homme transforme la nature en l'adaptant à ses propres besoins, mais encore il se réalise lui-même comme homme et même, en un certain sens, «il devient plus homme». » LE 9

 

Priorité du travail par rapport au capital

 

« Ce principe concerne directement le processus même de la production dont le travail est toujours une cause efficiente première, tandis que le «capital», comme ensemble des moyens de production, demeure seulement un instrument ou la cause instrumentale. Ce principe est une vérité évidente qui ressort de toute l'expérience historique de l'homme. (…)  Il faut souligner et mettre en relief le primat de l'homme dans le processus de production, le primat de l'homme par rapport aux choses. Tout ce qui est contenu dans le concept de «capital», au sens restreint du terme, est seulement un ensemble de choses. Comme sujet du travail, et quel que soit le travail qu'il accomplit, l'homme, et lui seul, est une personne. Cette vérité contient en elle-même des conséquences importantes et décisives. » LE 12

 

Pas déshumanisation du travailleur

 

« L'homme qui travaille désire non seulement recevoir la rémunération qui lui est due pour son travail, mais aussi qu'on prenne en considération, dans le processus même de production, la possibilité pour lui d'avoir conscience que, même s'il travaille dans une propriété collective, il travaille en même temps «à son compte». (…) Pour être rationnelle et fructueuse, toute socialisation des moyens de production doit prendre cet argument en considération. On doit tout faire pour que l'homme puisse conserver même dans un tel système la conscience de travailler «à son compte». » LE 15

 

Le juste salaire : critère de justice

 

« Le juste salaire devient en chaque cas la vérification concrète de la justice de tout le système socio-économique et en tout cas de son juste fonctionnement.  Ce n'en est pas l'unique vérification, mais celle-ci est particulièrement importante et elle en est, en un certain sens, la vérification clé.  Cette vérification concerne avant tout la famille. Une juste rémunération du travail de l'adulte chargé de famille est celle qui sera suffisante pour fonder et faire vivre dignement sa famille et pour en assurer l'avenir. » LE 19

 

Les syndicats : porte-parole des travailleurs

 

«Les syndicats sont les porte-parole de la lutte pour la justice sociale, pour les justes droits des travailleurs selon leurs diverses professions. Cependant, cette «lutte» doit être comprise comme un engagement normal «en vue» du juste bien: ici, du bien qui correspond aux besoins et aux mérites des travailleurs associés selon leurs professions; mais elle n'est pas une «lutte contre» les autres. (… ) L'union des hommes pour défendre les droits qui leur reviennent, née des exigences du travail, demeure un élément créateur d'ordre social et de solidarité, élément dont on ne saurait faire abstraction. (…)  On doit toujours souhaiter que, grâce à l'action de ses syndicats, le travailleur non seulement puisse «avoir» plus, mais aussi et surtout puisse «être» davantage, c'est-à-dire qu'il puisse réaliser plus pleinement son humanité sous tous ses aspects. » LE 20

 

Travail et personne handicapée

 

« La personne handicapée est l'un de nous et participe pleinement à notre humanité. Il serait profondément indigne de l'homme et ce serait une négation de l'humanité commune de n'admettre à la vie sociale, et donc au travail, que des membres dotés du plein usage de leurs moyens, car, en agissant ainsi, on retomberait dans une forme importante de discrimination, celle des gens forts et sains contre les personnes faibles et les malades. Le travail au sens objectif doit être subordonné, même dans ce cas, à la dignité de l'homme, au sujet du travail, et non à l'avantage économique. » LE 22

 

Le travailleur immigré

 

« La chose la plus importante est que l'homme qui travaille en dehors de son pays natal comme émigré permanent ou comme travailleur saisonnier ne soit pas être désavantagé dans le domaine des droits relatifs au travail par rapport aux autres travailleurs de cette société. L'émigration pour motif de travail ne peut d'aucune manière devenir une occasion d'exploitation financière ou sociale. En ce qui concerne la relation de travail avec le travailleur immigré doivent valoir les mêmes critères que pour tout autre travailleur de la société. » LE 23

 

Le travail participe à l’œuvre de Dieu

 

« Dans les paroles de la Révélation divine, on trouve très profondément inscrite cette vérité fondamentale que l'homme, créé à l'image de Dieu, participe par son travail à l'oeuvre du Créateur,(…) La conscience que le travail humain est une participation à l'oeuvre de Dieu doit, comme l'enseigne le Concile, imprégner même «les activités les plus quotidiennes. Car ces hommes et ces femmes qui, tout en gagnant leur vie et celle de leur famille, mènent leurs activités de manière à bien servir la société, sont fondés à voir dans leur travail un prolongement de l'oeuvre du Créateur, un service de leurs frères, un apport personnel à la réalisation du plan providentiel dans l'histoire» . » LE 25

 

 

Pour aller plus loin…

 

Voir notamment :

 

·         Le site du Vatican qui propose le texte avec un moteur de recherche par mots-clés

 

 

 

 

 

 

Service Diocésain de Formation Permanente de Gap.

Par X.H. © Novembre 2005 – MAJ Juin 2006