Jean-Paul II : Encyclique « Centesimus Annus » (Centième Année) sur la question sociale,  

à l’occasion du centenaire de l’encyclique « Rerum Novarum » . (1991)

 

 

 

 

« Si l'on se réfère directement à ses instincts et si l'on fait abstraction d'une façon ou de l'autre de sa réalité

personnelle, consciente et libre, cela peut entraîner des habitudes de consommation et des styles de

vie objectivement illégitimes, et souvent préjudiciables à sa santé physique et spirituelle. Le système

économique ne comporte pas dans son propre cadre des critères qui permettent de distinguer

correctement les formes nouvelles et les plus élevées de satisfaction des besoins humains et les

besoins nouveaux induits qui empêchent la personnalité de parvenir à sa maturité. La nécessité et

l'urgence apparaissent donc d'un vaste travail éducatif et culturel qui comprenne l'éducation des

consommateurs à un usage responsable de leur pouvoir de choisir…»

 

Encyclique “Centesimus Annus” , Jean-Paul , 1991, n. 36

 

 

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Présentation

 

Sur la question sociale, à l’occasion du centenaire de l’encyclique « Rerum Novarum » : cette encyclique a été écrite à l’occasion des 100 ans de l’encyclique « sociale » « Rerum Novarum » de Léon XIII à propos de la question ouvrière (1891). Le pape relit l’état du monde après la chute du mur (1989) : un texte exceptionnel de lucidité. De nombreux sujets ayant une portée très concrète y sont abordés : la propriété privée, la consommation, la démocratie, la culture, la dette internationale... Un texte à lire sans faute !

 

 

Quelques enseignements de « Centesimus Annus »

 

·         L’enseignement social est essentiel !

·         Critique de la société de consommation

·         La propriété privée n’est pas absolue !

·         La dette internationale

·         Un appel à la consommation responsable

·         L’Etat doit réguler le marché

·         Refus de la spéculation

·         Ce que pense l’Eglise de la démocratie

·         L’apport de l’Eglise à la culture !

·         Pour une justice sociale effective

 

 

PLAN

 

INTRODUCTION

I. TRAITS CARACTÉRISTIQUES DE "RERUM NOVARUM"

II. VERS LES "CHOSES NOUVELLES" D'AUJOURD'HUI

III. L'ANNÉE 1989

IV. LA PROPRIÉTÉ PRIVÉE ET LA DESTINATION UNIVERSELLE DES BIENS

V. L'ETAT ET LA CULTURE

VI. L'HOMME EST LA ROUTE DE L'EGLISE

 

 

Quelques extraits de « Centesimus Annus »

 

L’enseignement social est essentiel !

 

« La « nouvelle évangélisation », dont le monde moderne a un urgent besoin et sur laquelle j'ai insisté de nombreuses fois, doit compter parmi ses éléments essentiels l'annonce de la doctrine sociale de l'Eglise, apte, aujourd'hui comme sous Léon XIII, à indiquer le bon chemin pour répondre aux grands défis du temps présent, dans un contexte de discrédit croissant des idéologies.

Comme à cette époque, il faut répéter qu'il n'existe pas de véritable solution de la « question sociale » hors de l'Evangile et que, d'autre part, les « choses nouvelles » peuvent trouver en lui leur espace de vérité et la qualification morale qui convient. » CA 6

 

Critique de la société de consommation

 

« Une autre forme pratique de réponse est représentée par la société du bien-être, ou société de consommation. Celle-ci tend à l'emporter sur le marxisme sur le terrain du pur matérialisme, montrant qu'une société de libre marché peut obtenir une satisfaction des besoins matériels de l'homme plus complète que celle qu'assure le communisme, tout en excluant également les valeurs spirituelles.

(..) Ce modèle social (..) en refusant à la morale, au droit, à la culture et à la religion leur réalité propre et leur valeur, il rejoint [le marxisme] en réduisant totalement l'homme à la sphère économique et à la satisfaction des besoins matériels. » CA 19

 

La propriété privée n’est pas absolue !

 

«  « Mais si l'on demande en quoi il faut faire consister l'usage des biens, l'Eglise répond sans hésitation : « A ce sujet, l'homme ne doit pas tenir les choses extérieures pour privées, mais pour communes », car « au-dessus des jugements de l'homme et de ses lois, il y a la loi et le jugement de Jésus-Christ ».

 

Les successeurs de Léon XIII ont repris cette double affirmation : la nécessité et donc la légitimité de la propriété privée, et aussi les limites dont elle est grevée. Le Concile Vatican II a également proposé la doctrine traditionnelle dans des termes qui méritent d'être cités littéralement : « L'homme, dans l'usage qu'il fait de ses biens, ne doit jamais tenir les choses qu'il possède légitimement comme n'appartenant qu'à lui, mais les regarder aussi comme communes, en ce sens qu'elles puissent profiter non seulement à lui, mais aussi aux autres ». » CA 30

 

La dette internationale

 

« Actuellement, sur les efforts constructifs qui sont accomplis dans ce domaine pèse le problème de la dette extérieure des pays les plus pauvres, problème encore en grande partie non résolu. Le principe que les dettes doivent être payées est assurément juste ; mais il n'est pas licite de demander et d'exiger un paiement quand cela reviendrait à imposer en fait des choix politiques de nature à pousser à la faim et au désespoir des populations entières.

On ne saurait prétendre au paiement des dettes contractées si c'est au prix de sacrifices insupportables. Dans ces cas, il est nécessaire — comme du reste cela est entrain d'être partiellement fait — de trouver des modalités d'allégement, de report ou même d'extinction de la dette, compatibles avec le droit fondamental des peuples à leur subsistance et à leur progrès » CA 35

 

Un appel à la consommation responsable

 

« Si l'on se réfère directement à ses instincts et si l'on fait abstraction d'une façon ou de l'autre de sa réalité personnelle, consciente et libre, cela peut entraîner des habitudes de consommation et des styles de vie objectivement illégitimes, et souvent préjudiciables à sa santé physique et spirituelle.

Le système économique ne comporte pas dans son propre cadre des critères qui permettent de distinguer correctement les formes nouvelles et les plus élevées de satisfaction des besoins humains et les besoins nouveaux induits qui empêchent la personnalité de parvenir à sa maturité. La nécessité et l'urgence apparaissent donc d'un vaste travail éducatif et culturel qui comprenne l'éducation des consommateurs à un usage responsable de leur pouvoir de choisir (…) » CA 36

 

L’Etat doit réguler le marché

 

« L'Etat avait le devoir de défendre les droits fondamentaux du travail, de même, avec le nouveau capitalisme, il doit, ainsi que la société, défendre les biens collectifs qui, entre autres, constituent le cadre à l'intérieur duquel il est possible à chacun d'atteindre légitimement ses fins personnelles.

On retrouve ici une nouvelle limite du marché : il y a des besoins collectifs et qualitatifs qui ne peuvent être satisfaits par ses mécanismes ; il y a des nécessités humaines importantes qui échappent à sa logique ; il y a des biens qui, en raison de leur nature, ne peuvent ni ne doivent être vendus ou achetés.

Certes, les mécanismes du marché présentent des avantages solides : entre autres, ils aident à mieux utiliser les ressources ; ils favorisent les échanges de produits ; et, surtout, ils placent au centre la volonté et les préférences de la personne, qui, dans un contrat, rencontrent celles d'une autre personne.

Toutefois, ils comportent le risque d'une « idolâtrie » du marché qui ignore l'existence des biens qui, par leur nature, ne sont et ne peuvent être de simples marchandises. » CA 40

 

Refus de la spéculation

 

« La propriété des moyens de production, tant dans le domaine industriel qu'agricole, est juste et légitime, si elle permet un travail utile ; au contraire, elle devient illégitime quand elle n'est pas valorisée ou quand elle sert à empêcher le travail des autres pour obtenir un gain qui ne provient pas du développement d'ensemble du travail et de la richesse sociale, mais plutôt de leur limitation, de l'exploitation illicite, de la spéculation et de la rupture de la solidarité dans le monde du travail . Ce type de propriété n'a aucune justification et constitue un abus devant Dieu et devant les hommes. » CA 43

 

Ce que pense l’Eglise de la démocratie

 

« L'Eglise apprécie le système démocratique, comme système qui assure la participation des citoyens aux choix politiques et garantit aux gouvernés la possibilité de choisir et de contrôler leurs gouvernants, ou de les remplacer de manière pacifique lorsque cela s'avère opportun.

 

Cependant, l'Eglise ne peut approuver la constitution de groupes dirigeants restreints qui usurpent le pouvoir de l'Etat au profit de leurs intérêts particuliers ou à des fins idéologiques.

 

Une démocratie authentique n'est possible que dans un Etat de droit et sur la base d'une conception correcte de la personne humaine. (…)  Une démocratie sans valeurs se transforme facilement en un totalitarisme déclaré ou sournois, comme le montre l'histoire. »CA 46

 

L’apport de l’Eglise à la culture !

 

« Toute l'activité humaine se situe à l'intérieur d'une culture et réagit par rapport à celle-ci. Pour que cette culture soit constituée comme il convient, il faut que tout l'homme soit impliqué, qu'il y développe sa créativité, son intelligence, sa connaissance du monde et des hommes. En outre, il y investit ses capacités de maîtrise de soi, de sacrifice personnel, de solidarité et de disponibilité pour promouvoir le bien commun.

 

(..) La première et la plus importante des tâches s'accomplit dans le coeur de l'homme, et la manière dont l'homme se consacre à la construction de son avenir dépend de la conception qu'il a de lui-même et de son destin.

 

C'est à ce niveau que se situe la contribution spécifique et décisive de l'Eglise à la véritable culture. Elle favorise la qualité des comportements humains qui contribuent à former une culture de la paix, à l'encontre des modèles culturels qui absorbent l'homme dans la masse, méconnaissent le rôle de son initiative et de sa liberté. » CA 50

 

Pour une justice sociale effective

 

« (..) La promotion de la justice (..) ne pourra jamais être pleinement mise en oeuvre si les hommes ne voient pas celui qui est dans le besoin, qui demande un soutien pour vivre, non pas comme un gêneur ou un fardeau, mais comme un appel à faire le bien, la possibilité d'une richesse plus grande. (..)

 

En effet, il ne s'agit pas seulement de donner de son superflu mais d'apporter son aide pour faire entrer dans le cycle du développement économique et humain des peuples entiers qui en sont exclus ou marginalisés.

 

Ce sera possible non seulement si l'on puise dans le superflu, produit en abondance par notre monde, mais surtout si l'on change les styles de vie, les modèles de production et de consommation, les structures de pouvoir établies qui régissent aujourd'hui les sociétés. Il ne s'agit pas non plus de détruire des instruments d'organisation sociale qui ont fait leurs preuves, mais de les orienter en fonction d'une juste conception du bien commun de la famille humaine tout entière. » CA 58

 

 

 

Pour aller plus loin…

 

Voir notamment :

 

·         Le site du Vatican qui propose le texte avec un moteur de recherche par mots-clés

 

 

 

 

 

 

Service Diocésain de Formation Permanente de Gap.

Par X.H. © Novembre 2005 – MAJ Juin 2006