Tradition
Vivante : Sur la Sainte Vierge Marie
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Il est tout simplement impossible de ne pas honorer tout
particulièrement
la Très Sainte Vierge Marie sur un site comme celui-ci.
Nous avons rassemblé sur cette page une série de textes de la
Tradition Vivante
qui parlent de la Mère de Dieu en des termes magnifiques.
«
Comment ai-je de bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ? »
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« « Tu es bénie entre les femmes
et le fruit de ton sein est béni... » Voici, en effet, que les générations te
disent bienheureuse comme tu l'as déclaré (Lc
1,48). Les filles de Jérusalem, c'est-à-dire de l'Église, t'ont vue et ont
proclamé ton bonheur... Tu es, en effet, le trône royal près duquel se
tenaient les anges contemplant leur Maître et Créateur qui y était assis (Dn 7,9). Tu es devenue l'Éden spirituel, plus sacré et
plus divin que l'ancien. Dans le premier habitait l'Adam terrestre ; en toi,
c'est le Seigneur venu du ciel (1Co 15,47). L'arche de Noé t'a préfigurée,
elle qui a sauvé le germe de la seconde création, car tu as enfanté le
Christ, le salut du monde, qui a submergé le péché et apaisé les flots. D'avance, c'est toi que le buisson ardent a dépeinte, que les tables écrites par Dieu ont dessinée (Ex 31,18), que l'arche de l'alliance a racontée ; c'est toi que l'urne d'or, le candélabre..., et le rameau d'Aaron qui avait fleuri (Nb 17,23) ont manifestement préfigurée... J'allais omettre l'échelle de Jacob. Comme Jacob a vu le ciel réuni à la terre par les extrémités de l'échelle, et par elle les anges descendre et monter, et celui qui est réellement le fort et l'invincible engager avec lui une lutte symbolique, ainsi toi-même tu es devenue la médiatrice et l'échelle par laquelle Dieu est descendu vers nous et a pris sur lui la faiblesse de notre substance, l'embrassant et se l'unissant étroitement. » Saint
Jean de Damas (vers 675-749), moine, théologien, docteur de l'Église |
« Qu'il
me soit fait selon ta parole »
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« Écoutons tous la réponse de celle qui fut choisie pour être la Mère de Dieu et qui cependant n'a pas perdu pas son humilité : « Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta parole »... En disant ces mots, Marie exprime la vivacité de son désir plutôt qu'elle n'en demande la réalisation à la façon de quelqu'un qui garderait des doutes. Rien n'interdit toutefois de voir une prière dans ce « fiat », ce « qu'il me soit fait ». Car... Dieu veut que nous lui demandions même les choses qu'il nous promet. C'est sans doute pourquoi il commence par nous promettre bien des choses qu'il a résolu de nous donner : la promesse éveille notre piété, et la prière nous fait mériter ce que nous allions recevoir gratuitement... La Vierge l'a compris, puisqu'au don de la promesse gratuite elle joint le mérite de sa prière : « Qu'il me soit fait selon ta parole. Que la Parole éternelle fasse de moi ce que dit ta parole aujourd'hui. Que la Parole qui dès l'origine était auprès de Dieu se fasse chair de ma chair selon ta parole... Que cette Parole ne soit pas seulement perceptible à mes oreilles, mais visible à mes yeux, palpable à mes mains, et que je puisse la porter dans mes bras. Que ce soit non une parole écrite et muette, mais la Parole incarnée et vivante ; non pas ces signes inertes tracés sur un parchemin desséché, mais une Parole à forme humaine, imprimée vivante dans mes entrailles... ' Dieu, jadis, a parlé souvent et de bien des manières aux patriarches et aux prophètes ' (He 1,1) ; sa parole leur a été donnée à entendre, à proclamer ou à pratiquer... Quant à moi je demande qu'elle soit mise dans mes entrailles... J'appelle la Parole insufflée en moi dans le silence, incarnée dans une personne, corporellement mêlée à ma chair... Qu'elle se fasse en moi pour le monde tout entier. » Saint Bernard
(1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Église |
Marie,
mère du Christ, mère de l’Eglise
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« Celui qui est le fruit d'une seule Vierge sainte est la gloire et l'honneur de toutes les autres saintes vierges ; car elles sont elles-mêmes, comme Marie, les mères du Christ, si elles font la volonté de son Père. La gloire et le bonheur de Marie d'être la mère de Jésus Christ éclatent surtout dans les paroles du Seigneur : « Quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, ma soeur et ma mère. » (Mt 12,50) Il indique ainsi les parentés spirituelles qui le rattachent au peuple qu'il a racheté. Ses frères et ses soeurs sont les saints hommes et les saintes femmes qui ont part avec lui à l'héritage céleste. Sa mère est l'Église tout entière, parce que c'est elle qui, par la grâce de Dieu, enfante les membres de Jésus Christ, c'est-à-dire ceux qui lui sont fidèles. Sa mère est encore toute âme sainte qui fait la volonté de son Père et dont la charité féconde se manifeste dans ceux qu'elle enfante pour lui, jusqu'à ce que lui-même soit formé en eux (Ga 4,19)… Marie est certainement la mère des membres du Corps du Christ, c’est à dire de nous-mêmes, parce que par sa charité elle a coopéré à enfanter dans l’Église les fidèles, qui sont les membres de ce divin chef, dont elle-même est véritablement ma mère selon la chair. » Saint Augustin (354-430),
évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église |
« Voici ta mère »
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« La glorieuse Vierge a payé notre rançon en femme courageuse et aimante d'un amour de compassion pour le Christ. Il est dit dans l'évangile de saint Jean : « La femme, lorsqu'elle enfante, a de la tristesse parce que son heure est venue » (16,21). La bienheureuse Vierge n'a pas éprouvé les douleurs qui précèdent l'enfantement, parce qu'elle n'a pas conçu à la suite du péché comme Ève contre qui la malédiction a été portée ; sa douleur, elle l'a eue après : elle a enfanté à la croix. Les autres femmes connaissent la douleur du corps, elle a éprouvé celle du coeur. Les autres souffrent d'une altération physique ; elle, de compassion et de charité. La bienheureuse Vierge a payé notre
rançon en femme courageuse et aimante d'un amour de miséricorde pour le
monde, et surtout pour le peuple chrétien. « Une femme peut-elle oublier son
nourrisson et être sans pitié pour le fruit de ses entrailles ? » (Is 49,15) Ceci peut nous faire comprendre que le peuple
chrétien tout entier est issu des entrailles de la glorieuse Vierge. Quelle
Mère aimante nous avons ! Modelons-nous sur notre Mère et suivons-la dans son
amour. Elle a eu compassion des âmes à tel point qu'elle a compté pour rien
toute perte matérielle et toute souffrance physique. « Nous avons été
rachetés d'un grand prix ! » (1Co 6,20) » Saint Bonaventure
(1221-1274), franciscain, docteur de l'Église |
«
Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père »
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« Celui qui a dit : « Je suis dans le Père et le Père est en moi » dit aussi : « Je suis sorti de Dieu et je suis venu » (Jn 8,42)... Le Verbe s'est fait chair, et il habite désormais parmi nous (Jn 1,14). Il habite à coup sûr dans nos coeurs par la foi, il habite dans notre mémoire, il habite dans notre pensée, et il descend jusque dans notre imagination elle-même. Auparavant, en effet, quelle idée l'homme pouvait-il se faire de Dieu, sinon peut-être celle d'une idole que son coeur avait fabriquée ? C'est que Dieu était incompréhensible et inaccessible, invisible et parfaitement insaisissable à la pensée. Mais maintenant il a voulu qu'on puisse le comprendre, il a voulu qu'on puisse le voir, il a voulu qu'on puisse le saisir par la pensée. De quelle manière ? demandes-tu. Sans nul doute en étant couché dans une crèche, en reposant sur le sein de la Vierge, en prêchant sur la montagne, en passant la nuit à prier ; non moins qu'en étant cloué à la croix, en devenant livide dans la mort, libre parmi les morts et régnant sur l'enfer ; enfin en ressuscitant le troisième jour, en montrant aux apôtres la marque des clous, signes de sa victoire, et pour finir en regagnant devant eux les secrets du ciel. De tous ces événements, en est-il un qui ne susciterait pas en nous une pensée vraie, fervente, sainte ? Que je pense à l'un d'entre eux, n'importe lequel, c'est à Dieu que je pense, et à travers tout cela, il est mon Dieu. Méditer ces événements, c'est la sagesse même... C'est cette même douceur que Marie a puisée largement dans les hauteurs, pour la reverser sur nous. » Saint Bernard
(1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Église |
« Marie
retenait tous ces évènements et les méditait dans son coeur »
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« En prenant dans ses bras pour la première fois son petit enfant, l'Emmanuel, Marie a discerné en lui une lumière incomparablement plus belle que le soleil, elle a ressenti un feu qu'aucune eau n'aurait pu éteindre. Elle a reçu, voilée par ce petit corps qui venait de naître d'elle, l'éclatante lumière qui illumine toute chose, et elle a mérité de porter dans ses bras le Verbe de Dieu qui porte tout ce qui existe (Hé 1,3). Comment ne serait-elle pas envahie par la connaissance de Dieu, comme par les eaux débordantes de la mer (Is 11,9), et ravie hors d'elle-même, emportée dans les hauteurs, dans une admirable contemplation ? Comment ne s'étonnerait-elle pas de se voir devenue mère, elle qui est vierge, et, toute joyeuse, de se voir devenue Mère de Dieu ? Elle comprend qu'en elle sont accomplis les promesses faites aux patriarches et les oracles des prophètes, les désirs de ses pères anciens qui l'attendaient de tous leurs voeux. Elle voit que le Fils de Dieu lui est remis ; elle se réjouit de se voir confier le salut du monde. Elle entend le Seigneur Dieu lui dire au fond du coeur : « Je t'ai choisie parmi tout ce que j'ai créé ; je t'ai bénie entre toutes les femmes (Lc 1,42) ; je t'ai remis mon Fils entre les mains ; je t'ai confié mon Unique. N'aie pas peur d'allaiter celui que tu as enfanté, ni d'élever celui que tu as mis au monde. Sache qu'il n'est pas seulement ton Dieu, mais encore ton fils. Il est mon Fils et il est ton fils, mon Fils par la divinité, ton fils par l'humanité qu'il a assumée en toi. » Avec quelle affection et avec quel zèle, avec quelle humilité et quel respect, avec quel amour et quel dévouement Marie a répondu à cet appel. Les hommes ne peuvent le savoir, mais Dieu le sait, lui qui scrute les reins et les coeurs (Ps 7,10)... Heureuse celle à qui il a été donné d'élever celui qui protège et nourrit tout, de porter celui qui porte l'univers. » Saint Amédée de
Lausanne (1108-1159), moine cistercien, puis évêque |
« Le
Puissant fit pour moi des merveilles »
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« Mon âme magnifie le Seigneur. » Comment le magnifies-tu ? Rendrais-tu donc plus grand celui dont la grandeur est infinie ? « Le Seigneur est grand, dit le Psalmiste, et louable infiniment » (Ps 144,3). Il est grand, et si grand que sa grandeur ne supporte ni comparaison ni mesure. Comment donc le magnifies-tu, puisque tu ne le rends pas plus grand ? Tu le magnifies parce que tu le loues. Tu le magnifies parce que, au milieu des ténèbres de ce monde, plus lumineuse que le soleil, plus belle que la lune, plus odorante que la rose, plus blanche que la neige, tu fais connaître davantage la splendeur de Dieu. Tu le magnifies non pas en donnant un accroissement à sa grandeur sans mesure, mais en apportant, parmi les ténèbres du monde, la lumière de la vraie divinité... Tu le magnifies lorsque tu es élevée à une dignité si haute que tu reçois la grâce en plénitude (Lc 1,28), que tu mérites la visite de l'Esprit Saint, et que, devenue Mère de Dieu tout en restant vierge inviolée, tu enfantes un Sauveur pour le monde qui se perd. D'où vient cela ? De ce que le Seigneur est avec toi (Lc 1,28), le Seigneur qui a fait de ses dons tes mérites. Voilà pourquoi l'on dit que tu le magnifies : parce que toi-même tu es magnifiée en lui et par lui. Ton âme magnifie donc le Seigneur seulement en ce sens que toi-même tu es magnifiée par lui... car tu es le réceptacle du Verbe, le cellier du vin nouveau qui enivre la sobriété des croyants. Tu es la Mère de Dieu. » Adam de Perseigne (?
-1221), abbé cistercien |
Plus de
textes sur la Vierge Marie ?
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Pour
aller plus loin…
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Concernant la Vierge Marie, on ne peut qu’encourager à se reporter aux textes suivants : - Constitution « Lumen Gentium » sur l’Eglise (Concile Vatican II) au chapitre 8, dédié à la Vierge Marie - Encyclique « Redemptoris Mater » (La Mère du Rédempteur) de Jean-Paul II (1987) - Encyclique « Ecclesia de Eucharistia » (L’Eglise de l’eucharistie) de Jean-Paul II (2003) : voir le chapitre sur « Marie, Femme eucharistique » |
Service Diocésain de Formation Permanente de Gap.
© Novembre 2005