Concile
Vatican II : La constitution sur l’Eglise dans le monde
« Gaudium et Spes »
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« Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses
des hommes de ce temps, des pauvres surtout et
de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les
angoisses des disciples du Christ, et il n'est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans
leur coeur. Leur communauté, en
effet, s'édifie avec des hommes, rassemblés dans le Christ, conduits par l'Esprit-Saint dans
leur marche vers le Royaume du Père, et porteurs d'un message de salut qu'il leur faut proposer
à tous. La communauté des chrétiens se reconnaît donc réellement et intimement solidaire du genre humain et de son
histoire. » Constitution Gaudium et Spes, Vatican II, n 1 |
Présentation
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Cette
constitution, pastorale, expose la façon de l’Eglise envisage ses relations
avec le monde moderne, contient de nombreux appels forts à l’intention des
fidèles, redit la vision chrétienne de l’homme et ses conséquences pratiques.
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Sur
les 4 constitutions, c’est probablement celle qui concerne le plus
directement les laïcs. C’est un des plus gros textes du Concile, avec 60
pages. Ce texte se lit assez facilement car il traite de sujets quotidiens
pour chaque laïc. ·
La
richesse du texte est exceptionnelle, opérant une synthèse admirable entre la
foi chrétienne et les enjeux du monde moderne. Il est difficile de
concevoir que des chrétiens en 2005 puisse ne pas connaître ou faire
connaître ce texte… ·
A
lui seul, ce texte constitue également à mon sens une introduction très
efficace à ce que l’on appelle la Doctrine Sociale de l’Eglise. Il est
d’ailleurs cité constamment dans les encycliques dites « sociales » de
Jean-Paul II qui au sujet de ce texte parle de la nécessité de son application
urgente (SRS - 1987). ·
La
clé de compréhension de tout ce texte est l’affirmation suivante : « par son
Incarnation, le Fils de Dieu s'est en quelque sorte uni Lui-même à tout
homme. » GS 22 et par conséquent à toute réalité humaine. Les sujets traités vont
être aussi variés que la dignité humaine, la famille, l’économie, la culture,
la paix, la solidarité internationale. |
Quelques
enseignements de « Gaudium et Spes »
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L’Eglise
est intimement solidaire du genre humain Partie
1 : ·
L’homme
n’est pas que matière ·
Etre
le prochain de tout homme : une urgence ·
Toute
discrimination est contraire au dessein de Dieu ·
La
justice et la fraternité a plus de valeur que le progrès technique ·
Pas
d’opposition fondamentale entre foi et science ·
Suivre
le Christ, c’est devenir plus homme ·
Le
divorce entre la vie spirituelle et quotidienne : une des plus grave
erreur de notre temps Partie
2 : ·
La
famille est voulue par Dieu et n’est pas soumise à la fantaisie de l’homme ·
Respecter
la vie, dès sa conception ! ·
Droit
et devoir de se cultiver ·
L’économie
doit être au service de l’homme ·
L’Eglise
en faveur de la participation ·
Les
biens du monde sont à tous ·
Exigence
de la liberté d’expression pour l’Eglise ·
Nécessité
de construire la paix ·
Condamnation
de la guerre totale, des destructions massives, des génocides ·
L’engagement
de chacun est nécessaire ·
Pour
une solidarité économique internationale ·
Un
appel à une générosité sans faille de la part des nations les plus riches Conclusion :
·
L’Eglise
premier lieu de la fraternité |
PLAN
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EXPOSE
PRELIMINAIRE : LA CONDITION HUMAINE DANS LE MONDE D’AUJOURD’HUI PREMIÈRE PARTIE :
L'ÉGLISE ET LA VOCATION HUMAINE CHAPITRE PREMIER : LA DIGNITÉ DE
LA PERSONNE HUMAINE (L'homme à l'image de Dieu) CHAPITRE II : LA COMMUNAUTE
HUMAINE CHAPITRE III : L'ACTIVITÉ HUMAINE
DANS L'UNIVERS CHAPITRE IV : LE RÔLE DE L'ÉGLISE
DANS LE MONDE DE CE TEMPS DEUXIÈME PARTIE :
DE QUELQUES PROBLÈMES PLUS URGENTS CHAPITRE I : DIGNITÉ DU MARIAGE ET
DE LA FAMILLE CHAPITRE II : L'ESSOR DE LA
CULTURE CHAPITRE III : LA VIE
ÉCONOMICO-SOCIALE CHAPITRE IV : LA VIE DE LA
COMMUNAUTÉ POLITIQUE CHAPITRE V : LA SAUVEGARDE DE LA
PAIX ET LA CONSTRUCTION DE LA
COMMUNAUTÉ DES NATIONS CONCLUSION |
Quelques
extraits de « Gaudium et Spes » :
1ère partie
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AVANT PROPOS :
« Les joies et
les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des
pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs,
les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n'est rien de
vraiment humain qui ne trouve écho dans leur coeur. Leur communauté, en
effet, s'édifie avec des hommes, rassemblés dans le Christ, conduits par l'Esprit-Saint dans leur marche vers le Royaume du Père, et
porteurs d'un message de salut qu'il leur faut proposer à tous. La communauté
des chrétiens se reconnaît donc réellement et intimement solidaire du genre
humain et de son histoire. » GS 1 EXPOSE
PRELIMINAIRE =>
Regard de l’Eglise sur le monde, qui garde pour une part une grande actualité
dans son analyse. PREMIÈRE PARTIE : L'ÉGLISE ET LA
VOCATION HUMAINE CHAPITRE
PREMIER : LA DIGNITÉ DE LA PERSONNE HUMAINE (L'homme à l'image de Dieu) « Corps et âme,
mais vraiment un, l'homme est, dans sa condition corporelle même, un résumé
de l'univers des choses qui trouvent ainsi, en lui, leur sommet, et peuvent
librement louer leur Créateur (5). Il est donc interdit à l'homme de
dédaigner la vie corporelle. Mais, au contraire, il doit estimer et respecter
son corps qui a été créé par Dieu et qui doit ressusciter au dernier jour. »
GS 14-1 « § 2. En vérité,
l'homme ne se trompe pas, lorsqu'il se reconnaît supérieur aux éléments
matériels et qu'il se considère comme irréductible, soit à une simple
parcelle de la nature, soit à un élément anonyme de la cité humaine. Par son
intériorité, il dépasse en effet l'univers des choses : c'est à ces
profondeurs qu'il revient lorsqu'il fait retour en lui-même où l'attend ce
Dieu qui scrute les coeurs (7) et où il décide personnellement de son propre
sort sous le regard de Dieu. Ainsi, lorsqu'il reconnaît en lui une âme
spirituelle et immortelle, il n'est pas le jouet d'une création imaginaire
qui s'expliquerait seulement par les conditions physiques et sociales, mais,
bien au contraire, il atteint le tréfonds même de la réalité. » GS 14-2 CHAPITRE II :
LA COMMUNAUTE HUMAINE « § 1. Pour en
venir à des conséquences pratiques et qui présentent un caractère d'urgence particulière,
le Concile insiste sur le respect de l'homme: que chacun considère son
prochain, sans aucune exception, comme "un autre lui même ", tienne
compte avant tout de son existence et des moyens qui lui sont nécessaires
pour vivre dignement (8), et se garde d'imiter ce riche qui ne prit nul souci
du pauvre Lazare (9). De nos jours surtout, nous avons l'impérieux devoir de
nous faire le prochain de n'importe quel homme et, s'il se présente à nous,
de le servir activement (…) » GS
27-1et 2 « De plus, tout
ce qui s'oppose à la vie elle-même, comme toute espèce d'homicîde,
le génocide, l'avortement, l'euthanasie (…) tout ce qui constitue une
violation de l'intégrité de, la personne humaine, (…) tout ce qui est offense
à la dignité de l'homme, comme les conditions de vie sous-humaines,
(…) toutes ces pratiques et d'autres analogues sont, en vérité, infâmes.
Tandis qu'elles corrompent la civilisation, elles déshonorent ceux qui s'y
livrent plus encore que ceux qui les subissent et insultent gravement à l'honneur
du Créateur. » GS 27-3 « Assurément,
tous les hommes ne sont pas égaux quant à leur capacité physique, qui est
variée, ni quant à leurs forces intellectuelles et morales qui sont diverses.
Mais toute forme de discrimination touchant les droits fondamentaux de la
personne, qu'elle soit sociale ou culturelle, qu'elle soit fondée sur le
sexe, la race, la couleur de la peau, la condition sociale, la langue ou la
religion, doit être dépassée et éliminée, comme contraire au dessein de Dieu.
En vérité, il est aflligeant de constater que ces
droits fondamentaux de la personne ne sont pas encore partout garantis. » GS
29-2 « il y a des gens
qui, tout en professant des idées larges et généreuses, continuent à vivre en
pratique comme s'ils n'avaient cure des solidarités sociales. Bien plus, dans
certains pays, beaucoup font peu de cas des lois et des prescriptions
sociales. Un grand nombre ne craignent pas de se
soustraire, par divers subterfuges et fraudes, aux justes impôts et aux
autres aspects de la dette sociale. D'autres négligent certaines règles de la
vie en société, comme celles qui ont trait à la sauvegarde de la santé ou à
la conduite des véhicules, sans même se rendre compte que, par une telle
insouciance, ils mettent en danger leur propre vie et celle d'autrui. » GS
30-1 « Que tous prennent très à coeur de compter
les solidarités sociales parmi les principaux devoirs de l'homme
d'aujourd'hui, et de les respecter. En effet, plus le monde s'unifie et plus
il est manifeste que les obligations de l'homme dépassent les groupes
particuliers pour s'étendre peu à peu à l'univers entier. Ce qui ne peut se
faire que si les individus et les groupes cultivent en eux les valeurs
morales et sociales et les répandent autour d'eux. Alors, avec le nécessaire
secours de la grâce divine, surgiront des hommes vraiment nouveaux, artisans
de l'humanité nouvelle » GS 30 - 2 CHAPITRE III :
L'ACTIVITÉ HUMAINE DANS L'UNIVERS « Cet essor (du
progrès, des techniques), bien conduit, est d'un tout autre prix que
l'accumulation possible de richesses extérieures. L'homme vaut plus par ce
qu'il est que par ce qu'il a. De même, tout ce que font les hommes font pour
faire régner plus de justice, une fraternité plus étendue, un ordre plus
humain dans les rapports sociaux, dépasse en valeur les progrès techniques.
Car ceux-ci peuvent bien fournir la base matérielle de la promotion humaine,
mais ils sont tout à fait impuissants, par eux seuls, à la réaliser. » GS 35
- 1 « la recherche
méthodique, dans tous les domaines du savoir, si elle est menée d'une manière
vraiment scientifique et si elle suit les normes de la morale, ne sera jamais
réellement opposée à la foi: les réalités profanes et celles de la foi
trouvent leur origine dans le même Dieu(6). Bien
plus, celui qui s'efforce, avec persévérance et humilité, de pénétrer les
secrets des choses, celui-là, même s'il n'en a pas conscience, est comme
conduit par la main de Dieu, qui soutient tous les êtres et les fait ce
qu'ils sont. A ce propos, qu'on nous permette de déplorer certaines attitudes
qui ont existé parmi les chrétiens eux-mêmes, insuffisamment avertis de la
légitime autonomie de la science. Sources de tensions et de conflits, elles
ont conduit beaucoup d'esprits jusqu'à penser que science et foi
s'opposaient. » GS 36-2 « Nous savons
bien qu'il ne sert de rien à l'homme de gagner l'univers s'il vient à se
perdre lui-même, mais l'attente de la nouvelle terre, loin d'affaiblir en
nous le souci de cultiver cette terre, doit plutôt le réveiller: le corps de
la nouvelle famille humaine y grandit, qui offre déjà quelque ébauche du
siècle à venir. C'est pourquoi, s'il faut soigneusement distinguer le progrès
terrestre de la croissance du Règne du Christ, ce progrès a cependant
beaucoup d'importance pour le Royaume de Dieu, dans la mesure où il peut
contribuer à une meilleure organisation de la société humaine. Car ces
valeurs de dignité, de communion fraternelle et de liberté, tous ces fruits
excellents de notre nature et de notre industrie, que nous aurons propagés
sur terre selon le commandement du Seigneur et dans son Esprit, nous les
retrouverons plus tard, mais purifiés de toute souillure, illuminés,
transfigurés, lorsque le Christ remettra à son Père " un Royaume éternel
et universel: royaume de vérité et de vie, royaume de sainteté et de grâce,
royaume de justice, d'amour et de paix ". Mystérieusement, le Royaume
est déjà présent sur cette terre; il atteindra sa perfection quand le
Seigneur reviendra. » GS 39 – 2,3 CHAPITRE IV :
LE RÔLE DE L'ÉGLISE DANS LE MONDE DE CE TEMPS « L'Eglise sait parfaitement que Dieu seul,
dont elle est la servante, répond aux plus profonds désirs du coeur humain
que jamais ne rassasient pleinement les nourritures terrestres. Elle sait
aussi que l'homme, sans cesse sollicité par l'Esprit de Dieu, ne sera jamais
tout à fait indifférent au problème religieux, comme le prouvent non
seulement l'expérience des siècles passés, mais de multiples témoignages de
notre temps. L'homme voudra toujours connaître, ne serait-ce que confusément,
la signification de sa vie, de ses activités et de sa mort. Ces problèmes, la
présence même de l'Eglise les lui rappelle. Or Dieu seul, qui a créé l'homme
à son image et l'a racheté du péché, peut répondre à ces questions en
plénitude. Il le fait par la révélation dans son divin Fils qui s'est fait
homme. Quiconque suit le Christ, homme parfait, devient lui-même plus homme.
» GS 41-1 « C'est pourquoi
l'Eglise, en vertu de l'Evangile qui lui a été confié, proclame les droits
des hommes, reconnaît et tient en grande estime le dynamisme de notre temps
qui, partout, donne un nouvel élan à ces droits. Ce mouvement toutefois doit
être imprégné de l'esprit de l'Evangile et garanti contre toute idée de
fausse autonomie. Nous sommes en effet exposés à la tentation d'estimer que
nos droits personnels ne sont pleinement maintenus que lorsque nous sommes
dégagés de toute norme de la Loi divine. Mais, en suivant cette voie, la
dignité humaine, loin d'être sauvée, s'évanouit. » GS 41-3 « 43. 1. Le
Concile exhorte les chrétiens, citoyens de l'une et de l'autre cité, à
remplir avec zèle et fidélité leurs tâches terrestres, en se laissant
conduire par l'esprit de l'Evangile. Ils s'éloignent de la vérité ceux qui,
sachant que nous n'avons point ici-bas de cité permanente, mais que nous
marchons vers la cité future, croient pouvoir, pour cela, négliger leurs
tâches humaines, sans s'apercevoir que la foi même, compte tenu de la
vocation de chacun, leur en fait un devoir plus pressant. Mais ils ne se
trompent pas moins ceux qui, à l'inverse, croient pouvoir se livrer
entièrement à des activités terrestres en agissant comme si elles étaient
tout à fait étrangères à leur vie religieuse – celle-ci se limitant alors
pour eux à l'exercice du culte et à quelques obligations morales déterminées.
Ce divorce entre la foi dont ils se réclament et le comportement quotidien
d'un grand nombre est à compter parmi les plus gaves erreurs de notre temps.
(…) Que l'on ne crée donc pas d'opposition artificielle entre les activités
professionnelles et sociales d'une part, la vie religieuse d'autre part. En
manquant à ses obligations terrestres, le chrétien manque à ses obligations
envers le prochain, bien plus, envers Dieu Lui-même, et il met en danger son
salut éternel. A l'exemple du Christ qui mena la vie d'un artisan, que les
chrétiens se réjouissent plutôt de pouvoir mener toutes leurs activités
terrestres en unissant dans une synthèse vitale tous les efforts humains,
familiaux, professionnels, scientifiques, techniques, avec les valeurs
religieuses, sous la souveraine ordonnance desquelles tout se trouve
coordonné à la gloire de Dieu » GS 43-1 « Aux laïcs
reviennent en propre, quoique non exclusivement, les professions et les
activités séculières. Lorsqu'ils agissent, soit individuellement, soit collectivement,
comme citoyens du monde, ils auront donc à coeur, non seulement de respecter
les lois propres à chaque discipline, mais d'y acquérir une véritable
compétence. Ils aimeront collaborer avec ceux qui poursuivent les mêmes
objectifs qu'eux. Conscients des exigences de leur foi et nourris de sa
force, qu'ils n'hésitent pas, au moment opportun, à prendre de nouvelles
initiatives et à en assurer la réalisation. C'est à leur conscience,
préalablement formée, qu'il revient d'inscrire la loi divine dans la cité
terrestre. Qu'ils attendent des prêtres lumières et forces spirituelles.
Qu'ils ne pensent pas pour autant que leurs pasteurs aient une compétence
telle qu'ils puissent leur fournir une solution concrète et immédiate à tout
problème, même grave, qui se présente à eux, ou que telle soit leur mission.
Mais plutôt, éclairés par la sagesse chrétienne, prêtant fidèlement attention
à l'enseignement du Magistère(17), qu'ils prennent
eux-mêmes leurs responsabilités. » GS 43-2 |
Quelques
extraits de « Gaudium et Spes » :
2ème partie
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CHAPITRE I :
DIGNITÉ DU MARIAGE ET DE LA FAMILLE Dignité du
mariage « 48. 1. La
communauté profonde de vie et d'amour que forme le couple a été fondée et
dotée de ses lois propres par le Créateur; elle est établie sur l'alliance
des conjoints, c'est-à-dire sur leur consentement personnel irrévocable. Une
institution que la loi divine confirme, naît ainsi, au regard même de la
société, de l'acte humain par lequel les époux se donnent et se reçoivent
mutuellement. En vue du bien des époux, des enfants et aussi de la société,
ce lien sacré échappe à la fantaisie de l'homme. » GS 48-1 Régulation des
naissances « Dans leur
manière d'agir, que les époux chrétiens sachent bien qu'ils ne peuvent pas se
conduire à leur guise, mais qu'ils ont l'obligation de toujours suivre leur
conscience, une conscience qui doit se conformer à la loi divine; et qu'ils
demeurent dociles au magistère de l'Eglise, interprète autorisée de cette loi
à la lumière de l'Evangile. Cette loi divine manifeste la pleine
signification de l'amour conjugal, elle le protège et le conduit à son
achèvement vraiment humain. » GS 50-2 La défense de la
vie « 51. 1. Le
Concile ne l'ignore pas, les époux qui veulent conduire harmonieusement leur
vie conjugale se heurtent souvent de nos jours à certaines conditions de vie
et peuvent se trouver dans une situation où il ne leur est pas possible, au
moins pour un temps, d'accroître le nombre de leurs enfants; (…) Il en est
qui osent apporter des solutions malhonnêtes à ces problèmes et même qui ne
reculent pas devant le meurtre. Mais l'Eglise rappelle qu'il ne peut y avoir
de véritable contradiction entre les lois divines qui régissent la
transmission de la vie et celles qui favorisent l'amour conjugal authentique.
En effet, Dieu, maître de la vie, a confié aux hommes le noble ministère de
la vie, et l'homme doit s'en acquitter d'une manière digne de lui. La vie
doit donc être sauvegardée avec un soin extrême dès la conception :
l'avortement et l'infanticide sont des crimes abominables. » CHAPITRE II :
L'ESSOR DE LA CULTURE « l'Eglise
rappelle à tous que la culture doit être subordonnée au développement
intégral de la personne, au bien de la communauté et à celui du genre humain
tout entier. Aussi convient-il de cultiver l'esprit en vue de développer les
puissances d'admiration, de contemplation, d'aboutir à la formation d'un
jugement personnel et d'élever le sens religieux, moral et social. » GS 59 « Puisqu'on a
maintenant la possibilité de délivrer la plupart des hommes du fléau de
l'ignorance, il est un devoir qui convient au plus haut point à notre temps,
surtout pour les chrétiens: celui de travailler avec acharnement à ce que,
tant en matière économique qu'en matière politique, tant au plan national
qu'au plan international, des décisions fondamentales soient prises de nature
à faire reconnaître partout et pour tous, en harmonie avec la dignité de la
personne humaine, sans distinction de race, de sexe, de nation, de religion
ou de condition sociale, le droit à la culture et d'assurer sa réalisation.
Il faut donc procurer à chacun une quantité suffisante de biens culturels,
surtout de ceux qui constituent la culture dite "de base ", pour
qu'un très grand nombre ne soient pas empêchés, par l'analphabétisme et le
manque d'initiative, de coopérer de manière vraiment humaine au bien commun.
» GS 60-1 « Il faut en
outre tout faire pour que chacun prenne conscience et du droit et du devoir
qu'il a de se cultiver, non moins que de l'obligation qui lui incombe d'aider
les autres à le faire. Il existe en effet, ici ou là, des conditions de vie
et de travail qui contrarient les efforts des hommes vers la culture et qui
en détruisent chez eux le goût. » GS 60 -2 CHAPITRE III :
LA VIE ÉCONOMICO-SOCIALE « Aujourd'hui
plus que jamais, pour faire face à l'accroissement de la population et pour
répondre aux aspirations plus vastes du genre humain, on s'efforce à bon
droit d'élever le niveau de la production agricole et industrielle, ainsi que
le volume des services offerts. (…) Mais le but fondamental d'une telle
production n'est pas la seule multiplication des biens produits, ni le profit
ou la puissance; c'est le service de l'homme: de l'homme tout entier, selon
la hiérarchie de ses besoins matériels comme des exigences de sa vie
intellectuelle, morale, spirituelle et religieuse; de tout homme,
disons-nous, de tout groupe d'hommes, sans distinction de race ou de
continent. C'est pourquoi l'activité économique, conduite selon ses méthodes
et ses lois propres, doit s'exercer dans les limites de l'ordre moral afin de
répondre au dessein de Dieu sur l'homme. » GS 64 « Le
développement doit demeurer sous le contrôle de l'homme. Il ne doit pas être
abandonné à la discrétion d'un petit nombre d'hommes ou de groupes jouissant
d'une trop grande puissance économique, ni à celle de la communauté politique
ou à celle de quelques nations plus puissantes. Il convient au contraire que
le plus grand nombre d'hommes, à tous les niveaux, et au plan international
l'ensemble des nations, puissent prendre une part active à son orientation. »
GS 65 « Pour répondre
aux exigences de la justice et de l'équité, il faut s'efforcer
vigoureusement, dans le respect des droits personnels et du génie propre de
chaque peuple, de faire disparaître le plus rapidement possible les énormes
inégalités économiques qui s'accompagnent de discrimination individuelle et
sociale; de nos jours elles existent et souvent elles s'aggravent. » GS 66 « A l'égard des travailleurs
en provenance d'autre pays ou d'autres régions qui apportent leur concours à
la croissance économique d'un peuple ou d'une province, on se gardera
soigneusement de toute espèce de discrimination en matière de rémunération ou
de conditions de travail. De plus, tous les membres de la société, en
particulier les pouvoirs publics, doivent les traiter comme des personnes et
non comme de simples instruments de production: faciliter la présence auprès
d'eux de leur famille, les aider à se procurer un logement décent et
favoriser leur insertion dans la vie sociale du pays ou de la région
d'accueil. » GS 66 « Le travail des
hommes, celui qui s'exerce dans la production et l'échange de biens ou dans
la prestation de services économiques, passe avant les autres éléments de la
vie économique, qui n'ont valeur que d'instruments. (…) Comme l'activité
économique est le plus souvent le fruit du travail associé des hommes, il est
injuste et inhumain de l'organiser et de l'ordonner au détriment de quelque
travailleur que ce soit. Or il est trop courant, même de nos jours, que ceux
qui travaillent soient en quelque sorte asservis à leurs propres oeuvres; ce
que de soi-disant lois économiques ne justifient en aucune façon. Il importe
donc d'adapter tout le processus du travail productif aux besoins de la
personne et aux modalités de son existence, en particulier de la vie du
foyer. (…) Les travailleurs doivent aussi avoir la possibilité de développer
leurs qualités et leur personnalité dans l'exercice même de leur travail. » GS 67 « Dieu a destiné
la terre et tout ce qu'elle contient à l'usage de tous les hommes et de tous
les peuples, en sorte que les biens de la création doivent équitablement
affluer entre les mains de tous, selon la règle de la justice, inséparable de
la charité. Quelles que soient les formes de la propriété, adaptées aux
légitimes institutions des peuples, selon des circonstances diverses et
changeantes, on doit toujours tenir compte de cette destination universelle
des biens. C'est pourquoi l'homme, dans l'usage qu'il en fait, ne doit jamais
tenir les choses qu'il possède légitimement comme n'appartenant qu'à lui,
mais les regarder aussi comme communes: en ce sens qu'elles puissent profiter
non seulement à lui, mais aussi aux autres. D'ailleurs, tous les hommes ont
le droit d'avoir une part suffisante de biens pour eux-mêmes et leur famille.
C'est ce qu'ont pensé les Pères et les docteurs de l'Eglise qui enseignaient
que l'on est tenu d'aider les pauvres, et pas seulement au moyen de son
superflu. Quant à celui qui se trouve dans l'extrême nécessité, il a le droit
de se procurer l'indispensable à partir des richesses d'autrui. Devant un si
grand nombre d'affamés de par le monde, le Concile insiste auprès de tous et
auprès des autorités pour qu'ils se souviennent de ce mot des Pères: "
Donne à manger à celui qui meurt de faim car, si tu ne lui as pas donné à
manger, tu l'as tué "; et que, selon les possibilités de chacun, ils
partagent et emploient vraiment leurs biens en procurant avant tout aux individus
et aux peuples les moyens qui leur permettront de s'aider eux-mêmes et de se
développer. » GS 69 CHAPITRE IV :
LA VIE DE LA COMMUNAUTÉ POLITIQUE « De toute
évidence, la communauté politique et !'autorité publique trouvent donc leur
fondement dans la nature humaine et relèvent par là d'un ordre fixé par Dieu,
encore que la détermination des régimes politiques comme la désignation des
dirigeants soient laissés à la libre volonté des citoyens(3). » GS 74-3 « Que les
citoyens cultivent avec magnanimité et loyauté l'amour de la patrie, mais
sans étroitesse d'esprit, c'est-à-dire de telle façon qu'en même temps ils
prennent toujours en considération le bien de toute la famille humaine qui
rassemble races, peuples et nations, unis par toutes sortes de liens. » GS
75-4 Laïcité : « Sur le .terrain
qui leur est propre, la communauté politique et l'Eglise sont indépendantes
l'une de l'autre et autonomes. Mais toutes deux, quoique à des titres divers,
sont au service de la vocation personnelle et sociale des mêmes hommes. Elles
exerceront d'autant plus efficacement ce service pour le bien de tous
qu'elles rechercheront davantage entre elles une saine coopération, en tenant
également compte des circonstances de temps et de lieu. L'homme, en effet,
n'est pas limité aux seuls horizons terrestres, mais, vivant dans l'histoire
humaine, il conserve intégralement sa vocation éternelle. » GS 76-3 « Il est juste
que l’Eglise puisse partout et toujours prêcher la foi avec une authentique
liberté, enseigner sa doctrine sociale, accomplir sans entraves sa mission
parmi les hommes, porter un jugement moral, même en des matières qui touchent
le domaine politique, quand les droits fondamentaux de la personne ou le
salut des âmes l'exigent, en utilisant tous les moyens, et ceux-là seulement,
qui sont conformes à l'Evangile et en harmonie avec le bien de tous, selon la
diversité des temps et des situations. » GS 76-5 « Par son
attachement et sa fidélité à l'Evangile, par l'accomplissement de sa mission
dans le monde, l'Eglise, à qui il appartient de favoriser et d'élever tout ce
qui se trouve de vrai, de bon, de beau dans la communauté humaine renforce la
paix entre les hommes pour la gloire de Dieu. » GS 76-6 CHAPITRE V :
LA SAUVEGARDE DE LA PAIX ET LA CONSTRUCTION
DE LA COMMUNAUTÉ DES NATIONS « La paix n'est
pas une pure absence de guerre et elle ne se borne pas seulement à assurer
l'équilibre de forces adverses; elle ne provient pas non plus d'une
domination despotique, mais c'est en toute vérité qu'on la définit " oeuvre
de justice " (Is. 32, 17). (…) la paix n'est
jamais chose acquise une fois pour toutes, mais sans cesse à construire. (…)
La ferme volonté de respecter les autres hommes et les autres peuples ainsi
que leur dignité, la pratique assidue de la fraternité sont absolument
indispensables à la construction de la paix. Ainsi la paix est-elle aussi le
fruit de l'amour qui va bien au-delà de ce que la justice peut apporter. La
paix terrestre qui naît de l'amour du prochain est elle-même image et effet
de la paix du Christ qui vient de Dieu le Père. (…) C'est pourquoi,
accomplissant la vérité dans la charité, tous les chrétiens sont appelés avec
insistance à se joindre aux hommes véritablement pacifiques pour implorer et
instaurer la paix. » GS 78 SECTION I :
ÉVITER LA GUERRE Condamnations des
crimes de guerre et désobéissance aux ordres « Considérant cet
état lamentable de l'humanité, le Concile, avant tout, entend rappeler la
valeur permanente du droit dés gens et de ses principes universels. Ces principes,
la conscience même du genre humain les proclame fermement et avec une vigueur
croissante. Les actions qui leur sont délibérément contraires sont donc des
crimes, comme les ordres qui commandent de telles actions; et l'obéissance
aveugle ne suffit pas à excuser ceux qui s'y soumettent. Parmi ces actions,
il faut compter en tout premier lieu celles par lesquelles, pour quelque
motif et par quelque moyen que ce soit, on extermine tout un peuple, une
nation ou une minorité ethnique: ces actions doivent être condamnées comme
des crimes affreux, et avec la dernière énergie. Et l'on ne saurait trop
louer le courage de ceux qui ne craignent point de résister ouvertement aux
individus qui ordonnent de tels forfaits. » GS 79-2 Armes de
destruction massive « Dans une telle
conjoncture, faisant siennes les condamnations de la guerre totale déjà
prononcées par les derniers papes, ce Saint Synode déclare: Tout acte de
guerre qui tend indistinctement à la destruction de villes entières ou de
vastes régions avec leurs habitants est un crime contre Dieu et contre
l'homme lui-même, qui doit être condamné fermement et sans hésitation. »GS 80
– 5 Course aux
armements « Quoi qu'il en
soit de ce procédé de dissuasion, on doit néanmoins se convaincre que la
course aux armements, à laquelle d'assez nombreuses nations s'en remettent,
ne constitue pas une voie sûre pour le ferme maintien de la paix et que le
soi-disant équilibre qui en résulte n'est ni une paix stable, ni une paix
véritable. Bien loin d'éliminer ainsi les causes de guerre, on risque au
contraire de les aggraver peu à peu. Tandis qu'on dépense des richesses
fabuleuses dans la préparation d'armes toujours nouvelles, il devient
impossible de porter suffisamment remède à tant de misères présentes de
l'univers. Au lieu d'apaiser véritablement et radicalement les conflits entre
nations, on en répand plutôt la contagion à d'autres parties du monde. Il
faudra choisir des voies nouvelles en partant de la réforme des esprits pour
en finir avec ce scandale et pour pouvoir ainsi libérer le monde de l'anxiété
qui !'opprime et lui rendre une paix véritable. C'est pourquoi, il faut
derechef déclarer: la course aux armements est une plaie extrêmement grave de
l'humanité et lèse les pauvres d'une manière intolérable. » GS 81 Interdire la
guerre « Il est donc
clair que nous devons tendre à préparer de toutes nos forces ce moment où, de
l'assentiment général des nations, toute guerre pourra être absolument
interdite. » GS 82 Implication
citoyenne « Que l'on prenne
garde cependant de ne point s'en remettre aux seuls efforts de quelques-uns,
sans se soucier de son état d'esprit personnel. Car les chefs d'Etat, qui
sont les répondants du bien commun de leur propre nation et en même temps les
promoteurs du bien universel, sont très dépendants des opinions et des
sentiments de la multitude (…) Nous avons tous assurément à changer notre
coeur et à ouvrir les yeux sur le monde, comme sur les tâches que nous
pouvons entreprendre tous ensemble pour le progrès du genre humain. » GS 82-3 Se convertir,
aujourd’hui ! « Ne nous
leurrons pas de fausses espérances. En effet si, inimitiés et haines
écartées, nous ne concluons pas des pactes solides et honnêtes assurant pour
l'avenir une paix universelle, l'humanité déjà en grand péril, risque d'en
venir, malgré la possession d'une science admirable, à cette heure funeste où
elle ne pourra plus connaître d'autre paix que la paix redoutable de la mort.
Mais au moment même où l'Eglise du Christ, partageant les angoisses de ce
temps, prononce de telles paroles, elle n'abandonne pas pour autant une très
ferme espérance. Ce qu'elle veut, c'est encore et encore, à temps et à
contretemps, présenter à notre époque le message qui lui vient des apôtres:
" Le voici maintenant le temps favorable " de la conversion des
coeurs; " le voici maintenant le jour du salut "(5). » GS 82-4 SECTION 2: LA
CONSTRUCTION DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE La solidarité
internationale, une nécessité « La solidarité
actuelle du genre humain impose aussi l'établissement d'une coopération
internationale plus poussée dans le domaine économique. (…) « Ainsi, dans les
négociations avec les nations plus faibles et plus pauvres, elles (les
nations riches) devront scrupuleusement tenir compte du bien de celles-ci :
en effet, les revenus qu'elles tirent de la vente de leurs produits sont
nécessaires à leur propre subsistance. » GS 85 et 86 Exigence pratique
pour les chrétiens « Les chrétiens
collaboreront de bon gré et de grand coeur à la construction de l'ordre
international qui doit se faire dans un respect sincère des libertés
légitimes et dans l'amicale fraternité de tous. Ils le feront d'autant plus
volontiers que la plus grande partie du globe souffre encore d'une telle
misère que le Christ Lui-même, dans la personne des pauvres, réclame comme à
haute voix la charité de ses disciples. Qu'on évite donc ce scandale: alors
que certaines nations, dont assez souvent la majeure partie des habitants se
parent du nom de chrétiens, jouissent d'une grande abondance de biens,
d'autres sont privées du nécessaire et sont tourmentées par la faim, la
maladie et toutes sortes de misères. L'esprit de pauvreté et de charité est,
en effet, la gloire et le signe de l'Eglise du Christ. » GS 88 CONCLUSION Vivre l’Eglise
dans la fraternité mutuelle « En vertu de la
mission qui est la sienne, d'éclairer l'univers entier par le message
évangélique et de réunir en un seul Esprit tous les hommes, à quelque nation,
race, ou culture qu'ils appartiennent, l'Eglise apparaît comme le signe de
cette fraternité qui rend possible un dialogue loyal et le renforce. Cela
exige en premier lieu qu'au sein même de l'Eglise nous fassions progresser
l'estime, le respect et la concorde mutuels, dans la reconnaissance de toutes
les diversités légitimes, et en vue d'établir un dialogue sans cesse plus
fécond entre tous ceux qui constituent l'unique Peuple de Dieu, qu'il
s'agisse des pasteurs ou des autres chrétiens. Ce qui unit en effet les
fidèles est plus fort que ce qui les divise: unité dans le nécessaire,
liberté dans le doute, en toutes choses la charité. » GS 92 |
Service Diocésain de Formation Permanente de Gap.
Par X.H. © Novembre 2005